Le breton est une langue
indo-européenne parlée depuis plus de 1500
ans. C’est une langue celtique spécifique
à la Bretagne dont les premiers écrits remontent
au IXème siècle. Aujourd’hui 206.000
personnes parlent le breton au quotidien.
L’absence de statut légal et l’exclusion quasi totale de la langue de la vie publique et de l’école jusqu'à très récemment ont conduit à un arrêt de la transmission familiale du breton à partir des années 50. C’est pourquoi l’UNESCO classe le breton parmi les langues en danger sérieux d’extinction.
Les linguistes ont coutume de diviser les langues celtiques en deux groupes. Le groupe gaélique comprenant l’irlandais, le gaélique d’Ecosse et le manxois (parlé dans l’île de Man) et le groupe brittonique. Le breton fait partie de ce dernier groupe en compagnie du gallois (Pays de Galles) et du Cornouaillais (Cornouaille britannique). Comme les autres langues celtiques actuelles, le breton provient historiquement des îles britanniques. Il est également apparenté au gaulois, langue aujourd’hui éteinte qui se parlait au début de notre ère dans une bonne partie de l’Europe occidentale (Belgique, France, Suisse, Nord de l’Italie).
| breton |
cornique |
gallois |
irlandais |
gaélique |
manx |
français |
| ti |
chy |
tŷ |
teach |
teach, taigh |
thie |
maison |
| dour |
dowr |
dŵr |
uisce |
uisge |
ushtey |
eau |
| mab |
map |
mab |
mac |
mac |
mac |
fils |
| penn |
pen |
pen |
ceann |
ceann |
kione |
tête |
| ki |
ky |
ci |
cú |
cù |
coo |
chien |
| amann |
amanyn |
ymenyn |
im |
ìm |
eem |
beurre |
| aval |
aval |
afal |
úll |
ubhal |
ooyl |
pomme |
| amzer |
amser |
amser |
aimsir |
aimsir |
emshyr |
temps |
| gwenn |
gwyn |
gwyn |
fionn |
fionn |
fynn |
blanc |
| skrivañ |
scryfa |
ysgrifennu |
scríobh |
sgrìobh |
screeu |
écrire |
Comme toutes les langues vivantes, le breton n’a eu de cesse d’évoluer au cours de son histoire et il en est encore ainsi de nos jours. Traditionellement l’on distingue plusieurs dialectes recouvrant plus ou moins les anciennes structures épiscopales (Cornouaille, Tregor, Leon, Vannes). En réalité il serait plus juste de parler d’un groupe occidental regroupant Cornouaille, Leon, Tregor et d’un groupe oriental appelé Vannetais. Les différences dialectales sont peu marquées et concernent surtout l’accent tonique et la prononciation. Le vocabulaire et la grammaire varient peu. En général l’intercompréhension est bonne, voire totale chez les personnes alphabétisées. Du fait de l’écroulement de la pratique traditionelle de la langue (abandon de la transmission familiale) et des bouleversements socio-économiques de la deuxième moitié du XXème siècle, les dialectes sont aujourd’hui en très grande difficulté.
 Même
si, pour la plupart, les locuteurs restent toujours
illettrés dans leur langue, il est remarquable
que le breton n’ait jamais cessé d’être
écrit et de servir de véhicule à
l’expression de la pensée humaine sous
ses deux formes, orales et écrites. Le breton
moderne a été fixé par des grammairiens
et des lexicographes d’abord à partir du
XVIIème siècle (Père Maunoir) et
du XVIIIème (Grégoire de Rostrenen) puis
surtout au XIXème et XXème siècle,
notamment par le mouvement Gwalarn qui fonde véritablement
la littérature moderne de langue bretonne. De
nombreux travaux terminologiques ont peu à peu
équipé le breton des instruments nécessaires
à la communication dans notre société.
Petit à petit, grâce à l’effort
de tous, une langue standardisée commune s’est
développée afin de pouvoir faire face
à toutes les situations de communication et être
mieux à même de répondre aux enjeux
technologiques du monde d’aujourd’hui. L’Office
Public de la Langue Bretonne y participe grâce
à TermBret,
son centre de Terminologie.
Le breton est aujourd’hui dans une situation délicate
qui oblige pour la première fois la société
bretonne à s’interrroger sur l’avenir
qu’elle souhaite donner à sa langue propre.
L’arrêt presque total de la transmission
familiale a provoqué une hémorragie de
locuteurs. On est passé de plus d’un million
de brittophones au début du XXème siècle
à 206.000 cent ans plus tard. Et les chiffres
continuent de baisser. Cependant une prise de conscience
de la société est aujourd’hui en
cours notamment grâce aux actions du mouvement
culturel associatif. Le réseau d’école
bilingue se développe et les collectivités
locales commencent à mettre en place des politiques
linguistiques volontaristes afin d’inverser la
tendance.
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